Histoire d’une famille de Basse-Bretagne Histor eur familh a Vreïz-izel

Hervé Burel

Publication de l'histoire d'un paysan de Basse-Bretagne : un contemporain de Déguignet

Les éditions Skol Vreizh viennent de publier Histor eur familh a Vreïz-izel d’Hervé Burel (Histoire d’une famille de Basse-Bretagne).
Voici comment Jean-René Quéau présente ce nouveau témoignage en faisant référence directement à Déguignet.


« Les Mémoires d'un paysan Bas-Breton de Jean-Marie Déguignet 1834-1905, ont eu un succès très important il y a quelques années, lors de leur publication.
Histoire d'une famille de Basse-bretagne - Hervé Burel / Memoires d'un paysan bas-breton - Jean-Marie Déguignet
Découvrir qu'un paysan avait osé écrire et qu'il l'avait fait pour dénoncer l'ordre social établi et avec une telle insolence et virulence de ton ont alors stupéfait plus d'un lecteur. On pourrait penser qu'Hervé Burel est un deuxième Déguignet. Ces deux textes dénoncent, en effet, l'injustice sociale et la misère du peuple. 
Pourtant Déguignet semble plus anarchiste et en révolte contre tous, et Burel davantage impliqué dans la lutte syndicale et valorisant le respect et l'émancipation face au mépris et au mensonge. Par contre, ce qui les distingue radicalement, c'est le choix de la langue d'expression : Déguignet utilise la langue française parce qu'elle représente pour lui la langue de l'émancipation et de la culture. Burel, lui, écrit en breton, non par militantisme, mais parce qu'il maîtrise un spectre large de registres de langue en breton et est capable d'une expression en breton cultivé.
 
Le résultat de leurs expressions donne finalement une image en miroir : alors que Jean-Marie Déguignet universalise par le français un discours local sur le peuple en Bretagne et l'ordre social et politique tel qu'il l'a connu, Burel localise par le breton un discours de portée universelle. »