Préface

Rimes et révoltes - Jean-Marie Déguignet.

Laurent QUEVILLY.
 

 « J'ai songé que si mes écrits venaient à tomber entre les mains de quelques étrangers, ceux-ci pourraient provoquer en ma faveur un peu de cette sympathie que j'ai en vain cherchée durant ma vie ... »

La main est torturée mais l’écriture superbe, sans ratures, toute en pleins et en déliés. Nous sommes à Quimper, sous les combles d'un de ces taudis réservés aux parias. Le XIXe siècle va bientôt mourir. Jean-Marie Déguignet aussi. À la lumière pâle d'une lucarne, l'homme couche d'un seul jet toute sa destinée, toute sa hargne sur le papier. Il a le costume bleu roi du paysan Glazik. Mais ses sabots fêlés lui labourent la came quand une barbe d'étoupe dévore son visage. Ce clochard celtique est un personnage hors nonnes. Une énigme...

Fac-similé d'une page manuscrite de l'auteurDans celte minuscule soupente, le mobilier sera vite inventorié : une chaise dépaillée, une table boiteuse où s'alignent quelques livres, un pot d'eau et surtout ces cahiers d'écolier achetés au prix du dernier sou. Déguignet a jeté son feutre à larges bords sur une idée de lit. Un tas de fougères. Il rentre encore une fois de la campagne gabéricoise où il s'est terré, ces derniers jours, dans quelque repaire sauvage. Comme un animal blessé. En proie à une nouvelle crise de misanthropie. Déguignet en veut à la bonne société. Au vieux monde qui perdure avec arrogance. À cet Anatole Le Braz qui s'est approprié ses mémoires. Sans jamais rien publier. Alors, il les réécrit. Vite. Avec plus de rage encore. Ses débuts de mendiant à Ergué-Gabéric où son père, ruiné, loue un penty1 délabré. La faim au ventre, curieux de tout, le petit saute-ruisseau se fait Paotr saout2, ramasseur de bois ou encore de bouses de vache pour engraisser le blé noir. C'est une ancienne carabassen3 qui lui apprend à lire le breton dans le Buhez ar Zent4. Et il apprend très vite, Jean-Marie. Il le doit, dit-il, au drouk ar roue, le mal du roi, cette plaie qu'il garde au front après une piqûre d'abeille. Ouverte tel un entonnoir, elle lui permet d'absorber toute la connaissance. Du moins en est-il assuré. Le vieillard acariâtre revoit clairement le microcosme de son enfance, le tisserand décharnéqui, vers 1845, lui apprend foule de contes. Les vrais. Pas ceux des folkloristes bernés par de malicieux paysans contre un plein verre de gwin ardent5. Car c'est là sa grande théorie. Et des spécialistes comme Louis Ogès la partageront. En rédigeant leurs légendes, quelques-uns de nos collecteurs auront puisé parfois dans la mythologie scandinave. Quand ce n'est pas, comme Souvestre, dans leur propre imaginaire.

On a recherché aussi le style tout en gommant la simplicité première de ces récits populaires et leur tournure d'esprit Renan, Le Braz nous ont forgé l'image d'un Breton mélancolique, vivant dans la terreur de la fin dernière. La mémoire intacte, Déguignet restitue l'humour des conteurs d'alors, les bons tours joués aux nantis. Il revoit les tailleurs à qui l'on réserve mille brimades, les « déplaceurs de chevaux », ces voleurs organisés en bande, les faux mutilés qui tendent la main aux portes des chapelles, toute une faune d'hommes sauvages, comme il les appelle, et qui peuplent sa jeunesse. Et puis, il y a ces scènes d'amour à la campagne. Torrides. Bestiales. On est loin du pittoresque tableau agreste dépeint dans les livres, loin des fêtes de nuit sur l'aire à battre, loin des pardons enrubannés. Déguignet porte sur la ruralité de son temps un regard inédit, critique, insolent, en rupture avec celui des intellectuels de l'époque. C'est un vase clos, voué à l'inertie sociale et sur lequel, comme une chape de plomb, pèsent noblesse et clergé. On y prêche une religion de la peur. Le faible y survit, y tombe, y meurt. Mais n'échappe pas à sa condition. Nul croquant n'a eu les moyens de s'emparer de la plume et dire la lutte pour l'existence. Déguignet l'a fait. Obstinément.

Vacher à Kerfeunteun, Jean-Marie ramasse à terre les boulettes de papier que lui jettent les étudiants ricaneurs du Likès. Difficile de déchiffrer ce français qui lui est étranger. Jusqu'au jour où il récupère un abécédaire, achète un vocabulaire breton-français. Alors, il étudie en cachette, trace maladroitement ses premières lettres tout en gardant les bêtes. Si bien qu'il est bientôt capable de lire le journal que laisse traîner son maître. C'est dans ses colonnes qu'il apprend l'entrée en guerre contre la Russie.
Le jeune garçon a soif d'horizons, d'instruction, il veut s'extirper de cette nasse étouffante. Il s'engage. En Crimée, le soldat Déguignet est de la prise de Sébastopol. Mais la maladie, encore la maladie, le conduit à l'hôpital. Là, un ancien séminariste étanche sa pépie de savoir. Il l'initie aux sciences, l'histoire, la géographie... On le retrouve à Jérusalem. Et c'est le choc. Déguignet perd la foi devant ces marchands du temple qui vous vendent des tonnes de reliques de la vraie croix. Sergent, il est rapatrié à Paris où il court les lieux de culture. 1859 : campagne d'Italie. Alors, au passage, Déguignet apprend l'italien.
En 1861, après sept ans sous les drapeaux, l'enfant d'Ergué-Gabéric retrouve sa petite patrie. Mais il est devenu étranger en son pays. Sans travail, il se réengage comme simple soldat et participe à une guerre d'Algérie avant l'heure. Scènes horribles. « Les Kabyles comme les Bretons ne se seront jamais soumis à leursvainqueurs. » L'année commence à lui peser. Sa rencontre avec un artiste Lyonnais, érudit et anarchiste achève de le laver des superstitions qui fondent l'asservissement. Il sera désormais farouchement anti-clérical et radicalement républicain. Les deux hommes participent aux fouilles de Tebessa où les vestiges d'un palais sont mis au jour. Puis ils se portent volontaires pour l'expédition hasardeuse de Napoléon III au Mexique. Là, Jean-Marie écume encore les bibliothèques. Et apprend l'espagnol. Forcément...

Généraux, historiens ont doctement écrit sur ces quatre guerres impériales un peu oubliées.

Jamais un homme du rang. Jamais un sans grade en première ligne, là où ruisselle le sang. Sa dernièrecampagne, Déguignet la juge comme une « ignoble et criminelle intervention. » Quand, en 1863, le sergent Déguignet arrive au pardon de Kerdévot, il a 2 500 francs en poche. Cette fois, l'accueil est nettement plus chaleureux. Il envisage de s'établir en ermite au Stangala. Pour y élever des abeilles. Mais on le pousse dans les bras de la fille Rospart. Il a 34 ans. Elle en a 18. Jusque-là, Déguignet nous apparaît comme un personnage asexué.

Jamais d'allusion aux femmes. Le soir de sa nuit de noce, il s'en ira coucher à la belle étoile. Seul. Puis vient son premier hymen avec Marie-Yvonne. Il nous vaut une page émouvante.
 
Tous les êtres forment une chaîne éternelle
Se passent inconscients le flambeau de l'amour
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour
Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime
Il aura sillonné votre vie un moment
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Son éblouissement
 
Mais comment diable Déguignet a-t-il fait trois enfants ! Car la lune de miel dure peu avec sa jeune épousée dont la famille tient une métairie à Ergué-Armel. En dix ans, sous les quolibets, Jean-Marie en fait une exploitation modèle. Seulement, le libre-penseur qu'il est, déplaît à l'entourage, surtout au noble propriétaire qui ne renouvelle pas son bail. Le destin s'acharne. Sa maison est cambriolée, incendiée. Tout part en fumée ! Sans toit, sans emploi, Déguignet est de surcroît victime d'un accident tandis que sa femme, portée sur la dive bouteille ouvre un débit de boisson à Quimper.
Les dettes s'accumulent, l'alcoolisme emporte Marie-Yvonne Rospart. Voilà Déguignet veuf. Trois enfants à nourrir.
Cette descente aux enfers émeut le maire d'Ergué-Armel. L'ancien sous-officier a servi quinze ans aux armées ? Il peut donc prétendre à une licence de tabac. On lui trouve un bureau à Pluguffan, commune alors des plus réactionnaires duFinistère. Les idées de l'anarcho-républicain rebuteront assurément la clientèle. Et pourtant, il s'impose, aidé d'une bonne recrutée par les petites annonces. Mais cette « grande dame » un peu mystérieuse disparaît comme elle était venue. Pluguffan-la-Bigote finira par chasser son encombrant laïcard. Il est toujours chassé de partout, Déguignet. Y compris du coeur de ses enfants que sa belle famille lui arrache.
Excessif, bourré de contradictions, le personnage est sûrement invivable, doté d'un ego démesuré, d'une hypertrophie du moi. Solitaire, désoeuvré, Jean-Marie va de grenier en soupente sous les toits de Quimper. Il glisse de bagarres pitoyables en coups de gueule sans échos. Déguignet a vécu, il a des idées trempées, du verbe, il ne lui reste plus qu'une seule richesse : sa mémoire.
 
En 1897, Anatole Le Braz préside l'Union Régionaliste. Professeur à Quimper, cet écrivain adulé voit venir à lui notre curieux phénomène. Quand il ouvre le premier cahier, Le Braz s'attend à un énième écrit sans intérêt. Dès la première page, il est subjugué. Cette saga est une mine d'or. Il est convenu entre les deux hommes que ces mémoires d'un paysan Bas-Breton seront publiées sous forme de feuilleton puis réunies en volume. Le Braz tend 100 F d'avance à Déguignet, étant entendu que lorsque ce dernier viendra à disparaître, l'érudit percevra les droits d'auteur. Le temps passe. Rien ne paraît. Déguignet s'insurge, vitupère, vilipende. Il crie au complot « nationalisto-cléricafardo-monarchiste ». C'est certain : on lui a volé ses manuscrits pour les piller. Voire les détruire ! C'est alors qu'il réécrit de tête son récit. Beaucoup plus développé cette fois.
L'autodidacte a du style, le sens de la formule, du raccourci. Quand il décrit la nature et ses phénomènes, il y a du Rousseau dans cet homme-là. Au soir de son âge, Déguignet dit posséder quatre langues, connaître parfaitement les religions catholique, hébraïque, coranique... Il vous cite Virgile, Dante ou Voltaire dans le texte, émaille son propos de formules latines, grecques... Ses apparitions dépenaillées à la bibliothèque municipale irritent le fonctionnaire de service. C'est là qu' il vient puiser le supplément de réflexion qu'il réinjecte dans la chronique épique de sa course chaotique. Personne n'a la science infuse. Parce qu'il a toujours voulu comprendre, donner un sens à tout ce qui l'entoure, ses dernières lectures lui auront peut-être inspiré des apports nouveaux aux événements qu'il relate. C'est notamment patent pour sa campagne d'Italie. On lui pardonnera aussi certains propos empreints de la xénophobie de l'époque.
Déguignet était en tout cas Dreyfusard. Sa culture empirique, infaillible à ses yeux, le prive parfois de hauteur d'esprit. Il assène souvent des jugements à l'emporte pièce. Se montre injuste à l'égard de gens comme Le Braz, Renan et de combien d'autres. En se parant des vertus de la Vérité. Déguignet n'a pas toujours raison sur tout. On lui pardonnera encore ses vantardises appuyées. Quand il se dit roi des tours de souplesse, prestidigitateur, expert en savate, plus italianisant qu'un Italien,dompteur de lion, escaladeur de montagne maudite, rescapé de mille périls, enseignant,ingénieur agronome pour ainsi dire. Lui qui froidement vous lâche : « Je connaissais trop bien l'inutilité et même le danger de parler science à des ignorants. » Lui ! N'empêche, Déguignet est un cas.
L'aventurier qu'il fut a la fibre d'un romancier captivant. Son pavé de littérature brute, brutale, restera comme un témoignage détonnant sur les derniers relents de la féodalité. Exceptionnelle destinée ! ... Malgré ses obsessions outrancières et son égotisme forcené, Déguignet est fascinant, flamboyant, attachant même. Avec cette extraordinaire volonté de s'élever, il s'inscrit résolument dans le sens de l'histoire, dans le sens du progrès et de l'émancipation des siens.
Ses cris, ses écrits sont comme un vieux fonds de conscience collective qui surgit pour nous dire que 89 est à finir. Il fustige les possédants et leurs chiens de garde, sermonne aussi les gens de sa classe : « vous avez les gouvernants que vous méritez ! » Il en appelle à la révolution violente. Radicale. La mise à bas des tabous. Prophète, il annonce, dénonce les effets pervers de la mécanisation, prône l'abandon du service armé, défend un enseignement scolaire hors des murs et des programmes ânonnés. Tout simplement dans le grand livre ouvert de la nature.
 
A mesure que sa fin approche, le révolté devient un homme brisé. Aigri. De plus en plus isolé. Quand meurt son second fils à l'âge de 19 ans, il n'est pas à l'enterrement. Il écrit un poème. Quand son aîné se marie à Pont-l'Abbé, il n'est pas invité. Il se rend à pied épier furtivement la noce. Avant de rentrer à Quimper sousla pluie. Scène pathétique. Mécréant, Rouge parmi les Blancs, on mesure combien Déguignet doit être rejeté par un environnement bien pensant. Et combien Il le fut plus encore quand, vociférant, il sombra dans le plus total dénuement. Déguignet se pose en éternelle victime, traversé par de fulgurantes pulsions suicidaires. Il profère des menaces de mort. Développe des théories irrationnelles. Pour lui, les médecins n'ont pour unique dessein que celui de s'emparer de votre dépouille à des fins expérimentales. Jusqu'à son dernier souffle, lui le rationaliste, lui si féru de sciences pense que toute son intelligence tient de cette plaie au front, le drouk ar roue. Son délire de persécution le conduit un temps à l'asile Saint-Athanase6. Quelques mois avant sa mort, en décembre 1904, une version très édulcorée et remaniée de ses mémoires est enfin éditée par Le Braz dans la Revue de Paris. Elle s'interrompra brutalement avec l'épisode de la guerre d'Italie. Déguignet a en tout cas l'ultime satisfaction de voir son nom briller « au milieu des célébrités littéraires ». À cette heure tardive, il achève la seconde version de ses mémoires. Point final en janvier 1905.
 
En août, on découvre Déguignet sur son lit de fougère. Mort. Si les premiers manuscrits détenus par Le Braz ont disparu. l'aîné des Déguignet héritera de ceux laissés par son père. Ce clerc de notaire ne sait trop qu'en faire, suggère à sa soeur qui réside à Paris de demander des comptes à Le Braz. En 1962, la petite-fille de Déguignet frappe à la porte de Louis Ogès, les  cahiers sous le bras. Conquis à son tour, l'historien quimpérois publie dans le Télégramme un résumé de la vie de Déguignet. Dans le bulletin de la société archéologique, il donne aussi une version des contes.
Le temps passe à nouveau. À Ergué-Gabéric, la commission d'histoire locale présidée par Bernez Rouz s'interroge sur le devenir des précieux écrits. En octobre 1984, un article publié dans Ouest-France trouve un écho inespéré. Un descendant de Déguignet se manifeste : « j'ai tous les manuscrits ! » Mémoires et contes originaux ont pu être enfin publiés en 1998 avec le succès que l'on sait. Belle revanche posthume pour Déguignet. Bonne pioche pour l'éditeur qui a osé. D'autres avant lui n'ont pas eu ce nez.
Nous avons tous des racines rurales. Et bien peu nombreux étaient les paysans riches. Combien de descendants d'ouvriers agricoles n'ont pas reconnu en Déguignet un Jacquou Le Croquant au Pays Glazik. Un de ces laissés pour compte qui, mû par d'exceptionnelles facultés, aura tenté de prendre prise sur l' existence. Tout le monde aurait sûrement aimé compter dans sa généalogie un aïeul comme cet éveilleur de révolte. Tout le monde aurait aimé découvrir dans un grenier oublié ces cahiers qui interloquent tous leurs lecteurs.
 
Déguignet a laissé aussi des lettres virulentes dont il inondait gazettes et notables, son testament moral, des essais philosophiques, théologiques... L'intégralité de ses écrits sera bientôt à la disposition des passionnés. Mais Déguignet, l'écorché vif, a composé aussi des poèmes. Et les voici. La facture est classique. Seulement, toute l'originalité du personnage, toute sa verbe pamphlétaire est en ces Rimes et Révoltes. Toute sa culture sauvage aussi. Voici des alexandrins tonitruants, vengeurs, ravageurs. Des vers caustiques scandés avec force coups de pieds. Pour le bouillant polémiste, il s'agit là d'un mode d'expression supplémentaire pour agonir d'injures ses ennemis. Et il ne s'en prive pas. D'abord Anatole Le Braz, le« voleur» de ses manuscrits. Six mois à peine après les lui avoir vendus. Déguignet adresse un poème d'insultes à l'auteur de La légende de la mort. Avec la régularité d'un métronome, d'autres suivront. On retrouve la trame du premier poème dans les vers incendiaires expédiés par le Diogène quimpérois à ses autres victimes épistolaires. Malherbe de la Boixière, le noble propriétaire d'Ergué-Armel et son homme à tout faire. Les curés des deux Ergué, Roumigou et Le Gal, avec qui Déguignet en vient presque aux mains lors de son mariage. Les intrigants commis de la régie tabacs et Baron, l'employé de préfecture qu'il soupçonne de manoeuvrer pour l'écarter de Pluguffan. Et puis Le Mao et Guédès, prêtres de cette paroisse. Bref, il expédie tout ce monde dans l'enfer froid de ses poèmes.

Déguignet à un rapport tripal avec l'écriture. Il parle à ses écrits comme à des êtres de chair et de sang, comme à ses seuls et derniers amis.

C'est à vous mes écrits, qu'aujourd'hui je m'adresse,
Vous les consolateurs de ma triste vieillesse.
Vous êtes mes enfants, enfants infortunés,
Comme moi en ce monde, vous êtes ignorés.

Déguignet aura souvent commis des inepties sur la culture bretonne. Mais il n'a qu'elle à la bouche. Le turbulent républicain reprend en fait les arguments de son camp lancés à la face des conservateurs. Instrument de l'obscurantisme, le breton est à ses yeux d'une pauvreté moribonde. Pourtant, avec bonheur, il use volontiers de sa langue maternelle pour écrire quelques poèmes reproduits ici. De même qu'un traité d'apiculture malheureusement introuvable à ce jour. Déguignet vivrait-il parmi nous qu'il serait sans doute le premier défenseur de notre patrimoine. Pour peu qu'il s'épanouisse dans une société juste et progressiste. C'est le sens de sa toute dernière parole : « Je termine en souhaitant à l'humanitéle pouvoir, ou plutôt le vouloir de se transformer en véritables êtres humains : capables de se comprendre et de s'entendre dans une vie sociale digne et heureuse. Et ... Doue bardono d'an Anaon ! »Lire et relire les Mémoires, les contes, les poèmes de Déguignet, c'est retrouver les aspirations étouffées de nos anciens. C'est aussi formuler celles d'aujourd'hui.

 
1. Penty (pennti) : petite maison d'habitation sans dépendances.
2. Paotr-saout : garçonvacher.
3. Carabassen :(Karabasenn) : servante de curé.
4. Buhez ar Zent : (buhez ar sent) : La Vie des Saints(livre que possédaient toutes les familles bretonnes et qui faisait l’objet d'une lecture quotidienne).
5. Gwin ardent (Gwin-ardant): un des nombreux noms de l'alcool en Bretagne.
6. Saint Athanaze : l'actuel centre hospitalier spécialiséen psychiatrie Gourmelen à Quimper.
7. Doue bardono d'an Anaon ! : Que Dieu pardonne aux âmes des défunts.