Jean-Marie Déguignet, un physique et un esprit

Sa description physique

Nous disposons, pour sa description physique, de celle contenue dans les contrôles des troupes des différents où il a servi (1854-1868) : on note qu'il mesurait 1,57 m. Sa photographie datant des années 1870 est la seule que nous possédons. Elle sert à illustrer la couverture de Histoire de ma vie et des Mémoires d'un paysan bas-breton. Photo de Jean-Marie Déguignet
Mais la description la plus éloquente qui nous soit donnée de Jean-Marie Déguignet est celle d'Anatole Le Braz dans la Revue de Paris :
 
« C'était en 1897, un soir de Juin. 

Je vis paraître un homme d'une soixantaine d'années, très vert encore d’aspect et d'allure, plutôt petit, bas sur jambes et les épaules trapues, tout à fait le type du paysan quimpérois dont il portait le costume et dont il avait tout l'extérieur, avec cette particularité néanmoins, qu'au lieu d'avoir la figure rasée, comme ses pareils, il laissait librement pousser sa barbe couleur d'étoupe, qui lui hérissait le visage d'une abondante broussaille inculte. Il était chaussé de sabots. Ses vêtements étaient propres, quoique fatigués.

Je ne fus pas long à m'apercevoir qu'il savait le français fort couramment, et qu'il s'en servait même, le plus souvent avec une justesse d'expression que bien des bourgeois lui eussent enviée.
 
Il y avait une certaine âpreté dans son accent. Grande fut ma surprise d'entendre un paysan bas-breton s'exprimer avec cette désinvolture sur des croyances qui sont peut-être les plus profondément enracinées au coeur de la race. Il devina mon étonnement et, fixant sur moi le clair regard de ses yeux gris, qu'ombrageaient d'épais sourcils en auvent :
Ah ! voyez-vous, c'est que je suis un paysan qui a fait du chemin, tandis que les autres piétinaient sur place, reprit-il. »

 

Sa formation intellectuelle :

Mme Dancel, maître de conférence du Département des Sciences de l'éducation de l'Université de Rouen, a travaillé ce sujet lors des 2e rencontres mondiales de l'autoformation. Vous retrouverez ici le résumé de son intervention ( texte intégral : Forum Approche Autodidacte, texte 10).

D'autres données apparaissent dans le texte déjà publié et les inédits que nous avons mis en ligne qui expliquent à la fois ses connaissances et son rejet de la religion catholique.

Ses connaissances :

Il faut d'abord retenir que hormis pour son cathéchisme, il n'a jamais bénéficié d'aucun enseignement "officiel". Il apprendra seul à lire et écrire la langue française et partira à l'armée pour compléter sa connaissance du français :

Durant les 14 années (1854-1868) qu'il passera dans les armées de Napoléon III, il enrichira ses connaissances tant par ses rencontres, en particulier ce "savant maître" qu'il rencontre à Kamiech, que par sa fréquentation de lieux de la culture : bibliothèques et librairie, mais aussi musées ou théatres.

 

Son rejet de la religion catholique :

Ces diverses rencontres, le "savant maître" est un ex-séminariste, ses expériences personnelles, son "pélerinage à Jérusalem", et ses lectures confirmeront les doutes qu'il semble avoir eu très tôt sur la foi.

 

Accéder à tous les extraits sélectionnés des Mémoires d'un paysan bas-breton de Jean-Marie Déguignet

 

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