L'écriture de Jean-Marie Déguignet

 

26 cahiers d'écolier de 100 pages, remplis d'une écriture aussi aisée dans son tracé que dans son style, nous donnent la mesure du savoir acquis en autodidacte par Jean-Marie Déguignet.

Ecriture de Jean-Marie Déguignet Histoire de ma vie

Il semble que la plume ait couru sur le papier d'une seule traite, presque sans ratures. Ce ne sont pas les quelques rudiments d'instruction qui lui ont été professés dans son enfance qui ont pu à eux seuls et à ce point forger cette main à l'écriture. Et pourtant, les cahiers révèlent immédiatement l'habitude de Jean-Marie Déguignet pour la pratique de l'écriture. Elle s'élance véritablement, fine, droite, à peine inclinée vers la droite, rythmée par des espaces réguliers. La lecture de Déguignet dans le texte ne pose pas de réelles difficultés sauf lorsque les lettres buttent contre une fin de ligne.
 

Les fautes d'orthographe les plus fréquentes concernent les pluriels des noms et des verbes. L'auteur a corrigé certains oublis mais se relisait-il systématiquement ? Malgré la rencontre avec Anatole Le Bras et le projet de ce dernier de faire éditer ses écrits, il écrivait avant tout pour lui-même et peut-être dans l'espoir d'être lu par ses enfants. On peut aussi parfois noter des mots orthographiés de façon étrange, faisant penser à une écriture un peu trop rapide comme la blessure « à la temple [sic] » dont il a souffert enfant.

Ses phrases sont simples et claires, bannissent les longueurs. On lui reconnaît dans ses tournures la « justesse d'expression » dont a parlé Anatole Le Bras lorsqu'il s'est entretenu avec lui. Jean-Marie Déguignet introduit avec plaisir dans ses Mémoires des mots témoignant de la diversité de ses lectures et centres d'intérêt. Il aime incontestablement les mots recouvrant une réalité précise, nommer et situer précisément les endroits où l'ont emmené ses campagnes, donner des citations ou expressions en langue étrangère (italien, espagnol, latin) montrant qu'il a eu une connaissance approfondie des régions qu'il a traversées. Des citations latines nous renvoient à son immense culture religieuse.

Signature de Jean Marie Déguignet

 

Nous avons là l'oeuvre d'un érudit acccompli. L'auteur va au-delà de ce qu'un homme ordinairement cultivé peut faire valoir : la soif de connaissance qui l'a guidé toute sa vie l'a conduit sur les pas des humanistes. Ne serait-ce l'aveuglement provoqué par la solitude et la misère...

 

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